RESTAURATION DES VITRAUX

QUELQUES INFOS ET CONSEILS AUX AMATEURS ET AUX PROFESSIONNEL DU PATRIMOINE

INTRODUCTION

Dans chaque villes, chaque village, il y a une église. Et le plus souvent elle est illuminée par des vitraux.
Patrimoine fragile, les vitraux sont des objets sensibles aux attaques du temps, des hommes, du climat. Ils sont périssables et, tout comme nous, vieillissent et peuvent disparaître.
Leur entretien et conservation demandent parfois des gestes simples qui peuvent retarder le moment inévitable de la restauration.
Une restauration sera en tout cas nécessaire environ tous les 100 ans.
Nous restons à la disposition des professionnels ou des simples passionnés, pour une information, un conseil, une aide.

Comprendre un vitrail

Dans leur grande majorité, les vitraux de nos églises ont été réalisés dans la deuxième moitié du XIX siècle.
Il représentent le plus souvent des scène tirées de l’histoire sainte ou bien des « grand personnages », saints, évêques, reconnaissables par leurs attributs.
Parfois il s’agit de simples motifs géométriques (losanges, rectangles, bâtons rompus…)
Plus rarement les vitraux remontent à des époques antérieures. Dans ce cas ils font souvent l’objet d’une protection spécifique de la part des organismes du Patrimoine.

Le verres de couleur utilisés sont généralement des verres soufflés teintés dans la masse. Ils sont encore fabriqués aujourd’hui par quelques rares usines, selon la méthode traditionnelle : une sorte de grande bouteille de verre coloré (le manchon) est soufflée dans un creuset. Une fois refroidie, elle est coupée aux deux extrémités et fendue dans le sens de la longueur,  puis à nouveau  réchauffée et « étendue » dans un autre four.
Leur couleur est inaltérable, mais ils sont fins et fragiles.
Ces verres, précieux et uniques, sont incontournables pour la restauration des vitraux anciens.

Les plombs. Ce sont des profilés spécialement fabriqués pour le vitrail. En forme de « H », ils reçoivent le bord des verres dans les deux rainures. La souplesse du plomb lui permet de suivre les formes les plus sinueuses.
Ils existent en plusieurs largeurs, de 3 jusqu’à 20 mm, pour souligner avec plus ou moins de force certaines lignes du motif.
Ils finissent par s’oxyder avec le temps.

Les soudures.  Chaque fois que deux plombs se rencontrent, ils sont soudés ensemble.
C’est ce qui assure la cohésion du réseau de plomb.
La soudure utilisée est un alliage très pur de plomb et d’étain.
Avec le temps, les stress thermiques et l’oxydation, les soudures finissent par se fracturer.

Les peintures sur verre viennent compléter et enrichir les vitraux. Grisailles (pour les traits et les ombres), jaunes d’argent (pour les tons dorés), Jean Cousin pour la couleur de la peau et autres émaux, sont peints puis cuits à haute température pour se vitrifier et s’incruster sur la peau du verre. Cette technique demande une très grande maîtrise.
Néanmoins la corrosion, les agents atmosphériques, la condensation, les microorganismes et l’action de l’homme ont parfois raison de leur grande résistance.

QUE FAIRE? Gardez tout, même le moral!

Des vitraux fatigués, cassés, en danger de chute… Voici quelques conseils simples :

des photos : prenez tous les vitraux en photo sous toutes les coutures, à l’extérieur comme à l’intérieur. Si vous avez des images anciennes, gardez les précieusement. Les restaurateurs en auront besoin plus tard.

gardez tout : des pièces cassées, tombées au sol? ne jetez rien. Elles sont le seul témoignage qui permettra de les reconstituer. Mettez tout dans un carton.

scellements qui s’effritent, on voit le jour à travers et la pluie entre dans l’église. Si vous pouvez, scotchez le tout et fixez un contreplaqué contre le panneau de vitrail. C’est provisoire : après il faudra agir vite!

les barlotières sont descellées? elles peuvent tomber sur la tête de quelqu’un, et les vitraux avec. Dans l’urgence, faites réaliser un scellement provisoire (toujours à la chaux : le ciment ronge la pierre!), puis appelez des experts.

les protections extérieures sont rouillées et les coulures salissent la façade. Attention, elles peuvent aussi tomber car souvent  elle ne sont fixées que par de gros clous fichés dans la pierre. Mieux vaut, en attendant la restauration, les déposer.

faites le ménage : toiles d’araignée, fientes de pigeon, aiguilles de pin et feuilles mortes… toutes sortes de déchets qui adhèrent aux vitraux, surtout sur l’extérieur, et en accélèrent le vieillissement.

vous voulez faire restaurer les vitraux? une demande de subventions met souvent plusieurs années avant d’être acceptée. Ne perdez pas de temps, montez un bon dossier avec l’aide de professionnels et… gardez le moral.

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